Ta collection de jeux vidéo mérite mieux qu'un fichier Excel
Publié le 17 septembre 2026 par @daryl
Tu as commencé comme tout le monde : une liste dans un coin de la mémoire, puis un tableur « provisoire » qui a dix ans. Sa colonne A contient trois cents jeux, sa colonne B trois mots (« finis ? bof »), et il ne t'a pas servi depuis l'époque où tu pensais encore le mettre à jour un jour.
Ce n'est pas ta faute. C'est celle des outils, ou plutôt de leur absence.
Le problème n'est pas l'inventaire, c'est la copie
La plupart des trackers de jeux ont été pensés par des gens qui collectionnent des lignes dans une base de données, pas des objets. Une œuvre, un titre, une case cochée : possédé. Point.
Or toi, tu collectionnes autre chose. Tu as Chrono Trigger. Mais lequel ? La version Super Famicom importée avec sa boîte fatiguée par vingt ans de rayonnages, ou l'édition PAL qui dort sous cellophane ? Le jeu et l'objet ne sont pas le même souvenir, pas la même valeur, pas la même histoire. Un outil qui les confond ne photographie pas ta collection : il la survole.
C'est la distinction centrale sur laquelle Medialib est construit : l'œuvre vit dans une encyclopédie commune, l'exemplaire vit dans ton étagère. Plateforme, région, édition, état. Le jour où tu cherches quel exemplaire de quel jeu tu possèdes, la réponse existe, elle n'a jamais demandé à être fusionnée avec la fiche universelle du jeu.
Les questions qu'un fichier Excel ne pose jamais
Une vraie gestion de collection commence quand l'outil te fait te poser les bonnes questions :
-Qu'est-ce que je possède vraiment ? Pas « le jeu », mais cette cartouche-là, ce boîtier-ci, ce code CD qui dort dans une pochette deLocation conjointe. L'état compte. La complétude aussi : manuel présent ? Notice perdue ?
-Qu'est-ce que je veux, et pourquoi je ne l'ai pas ? Une liste d'envies n'est pas un inventaire inversé. C'est là que se joue la négociation entre le collectionneur discipliné et l'acheteur impulsif : ce que tu recherches activement, ce que tu guettes au bon prix, ce que tu rêves d'avoir sans espoir réel.
-Où tout cela se croise-t-il ? Le magazine qui a testé le jeu avant sa sortie. Le bouquin sur son studio. La chronique du même mois. Les collections ne vivent pas en silo par type de média : elles vivent dans le salon entier. Un catalogue qui relie un magazine à la fiche du jeu qu'il couvre rend enfin justice à cette réalité.
Le format compte autant que le contenu
Un point que les gros agrégateurs de données oublient vite : une collection de jeux vidéo n'est pas qu'une liste de titres, c'est aussi un patrimoine de formats. Cartouches, CD, DVD, Blu-ray, cartouches Nintendo Switch, chacun vieillit différemment, chacun requiert des précautions différentes, et les rares éditions aujourd'hui hors d'atteinte méritaient d'être identifiées comme telles dès le départ.
Bien gérer sa collection, c'est aussi anticiper la conservation : noter les défauts pendant qu'ils sont petits, distinguer ce qu'on manipule de ce qu'on archive, garder trace de la provenance pour les pièces marquantes. Ces informations-là ne vivront jamais dans la fiche Wikipédia du jeu. Elles n'ont qu'un seul endroit où exister : sur ton exemplaire.
Pourquoi maintenant, et pas « quand j'aurai le temps »
Le meilleur moment pour inventorier une collection, c'est quand on ne l'a pas encore. Le deuxième meilleur moment, c'est aujourd'hui. Plus tu attends, plus les souvenirs d'acquisition s'estompent : ce jeu acheté au Japon en 2003, celui obtenu par un échange improbable, celui que tu ne sais même plus pourquoi tu possèdes. La donnée s'évapore, et elle ne revient pas.
Il y a aussi un argument moins sentimental : la collection, un jour, cessera d'être gérée par toi. Inventaire, état, valeur approximative — ce sont des informations utiles à ceux qui reprendront les boîtes. Une étagère documentée, c'est un peu d'ordre transmis au lieu du chaos.
Medialib, l'alpha qui assume
Je serai honnête : le site est jeune, en alpha, et personne ne s'en cache. Les fondations sont là : une encyclopédie publique où chaque fiche peut être enrichie par les membres, une étagère personnelle où chaque exemplaire vit avec ses détails, et l'idée un peu folle de relier les mondes : le magazine au jeu, le livre au film, la musique à tout le reste.
On pourrait attendre que ce soit fini pour en parler. Mais une collection, ça se bâtit en même temps que l'outil qui la décrit. Si le sujet te parle : cartouches poussiéreuses, jaquettes manquantes, questions d'édition. Alors tu peux déjà ouvrir le catalogue, créer un compte, et commencer à remplir ton étagère. Elle est vide pour l'instant. Ça ne durera pas.
Ta collection raconte quelque chose. Il ne manque que l'endroit pour le dire.
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